TRAVELLING WITHOUT MOVING

Cette année, en entrant dans la maison de Valérie qui fêtait son anniversaire en petit comité,  j’ai été comme transportée en voyage à travers le temps, à travers l’espace:  les musiciens aux visages joyeux, les volutes bleues, les couleurs qui ornaient les murs m’ont amenée ailleurs. J’ai eu la sensation d’être dans une autre époque, loin de la médiocrité de notre temps, dans un tableau impressionniste.

J’ai demandé à Erika Umbrasaïté si elle souhaitait partager l’expérience de m’accompagner à la rencontre de personnalités atypiques dans leur intérieur comme je l’avais fait quelques années auparavant avec mon amie Natasha Rosalie Perkins.

Une façon de voyager sans partir loin.

Nous présenterons ici ces rencontres.

Merci à Natasha et Sonia pour les traductions-adaptations.

Elsa Emilie Martin – Erika Umbrasaité // Mai 2021

Daughter of Themis with an accordion

When you cross the threshold of the jewel-box house of Valerie Faure, the magic happens.
Swept up in the vivid colors of her paintings, you’re transported to Latin America; one wouldn’t even be surprised to bump into Frida Kahlo in the doorstep with a small Capuchin monkey on her shoulder…
Crimson hair and a matching velvet dress of silk, Valerie greets her guests with a humble but sincere smile. “Would you like to take a look at my house?”, she asks modestly.
You float from room to room, taking in her collection of exquisitely varied paintings, each imbued with the passion of the lady of the house or painted by her friends, other artists.
The characters in Valerie’s pictures do not notice you and continue to live their lives – they dance the Tango, kiss, make love, play with children or dogs, take baths, sink into melancholy or revel in happiness.
They are so full of life that you observe them as one would a movie….they are so unexpected, so unusual, so sensual, so Latin American, that you wonder if Madame was not taking drawing lessons with Botero.
But no, there were no lessons at all and Valerie started to paint only twenty years ago. Painting began as if by accident, like almost every time when Madame Destiny’s hands have shaken Valerie’s life upside down.
So…before color, there was sound. Before paint, music.
At the age of thirty, she was inspired by tumultuous life events to continue the study of law that she had started prior to starting a family and it was around this time that she met a street musician.
“I was a little lost at that period of my life. And very sad”, she admits.
She promptly fell in love with the man,  and in love with the accordion.
The piano lessons of her childhood gave her the confidence to experiment and master the formidable instrument and she spent her weekends walking and playing in the streets with her lover, a pair of wandering minstrels.
But her love of music and her liberated attitude was not so much welcomed in the circle of her colleagues – Madame Valerie indeed was supposed to be a serious woman, she was a lawyer!
Her passion for music eventually even landed her in court where the judges decided if a member of such a conservative and honorable profession should be playing music in the streets with her own leisure time.
But the magic happened  again – Valerie stood her ground, and after a lengthy battle won the case, free to delight the streets and lanes with the vibrancy of her instrument and her passion.
The love affair with the man who brought music into her life ended…. And Madame Destiny decided again to take a sharp turn for Valerie – she met another love, another artist, this time a painter.
Her curious mind observed his work and finally her lover encouraged her to take a brush too. Twenty years have passed since then and she has created hundreds of paintings, had several exhibitions and even conquered Paris with her art.
Today Valerie continues to play the accordion with Baka and dreams about the bicycle with a sleigh, where she could put her work and go to the marketplaces to sell her art and meet people – once a free spirit, always a free spirit.

La Fille de Thémis à l’accordéon

Lorsque vous franchissez le seuil de la petite et discrète maison de Valérie Faure, la magie opère.
Balayés par les couleurs vives de ses peintures, vous êtes transportés quelque part en Amérique du Sud, et vous pouvez même vous attendre à ce que Frida Kahlo vienne vous ouvrir la porte avec un petit singe capucin sur l’épaule…
Avec ses cheveux rouge flamboyant et sa robe assortie, Valérie vous accueille avec un sourire humble mais sincère. « Voulez-vous visiter l’intérieur de ma maison? » demande t’elle modestement.
Vous êtes guidés de pièce en pièce, du rez – de – chaussé à l’étage par les couleurs lumineuses et pleine de passion des peintures réalisées par la propriétaire ou par quelques autres artistes.
Les personnages des oeuvres de Valérie ne font pas attention à vous, elles continuent à vivre leur vie, dansent le tango, s’embrassent, font l’amour, jouent avec des enfants ou des chiens, prennent leur bain, baignés par la mélancolie ou la tristesse.
Ils sont tellement imprégnés par la vie que de les regarder c’est un peu comme être dans un film.
Ils sont tellement inattendus et hors du commun, si sensuels, si vivants, tellement Sud-Américains que vous vous demandez si Madame n’a pas pris de cours de peinture avec Botéro.
Mais non, elle n’a jamais pris de cours d’art et se mit à peindre seulement vingt ans auparavant, par accident, comme à chaque fois que, dans les mains de La Destiné, un accident a remué la vie de Valérie.
Mais avant les couleurs, il y avait un son. Avant la peinture, la musique.
À trente ans, inspirée par les événements tumultueux de sa vie, elle poursuit des études de droit qu’elle avait entamée avant de fonder une famille. C’est à cette époque qu’elle a rencontré Stan, musicien de rue et réfugié bulgare.
« J’étais un peu perdue à cette période de ma vie. Et très triste » admet Valérie.
Et tomba amoureuse – de l’homme, et de l’accordéon.
Les cours de piano de son enfance lui donnèrent la confiance nécessaire pour expérimenter et maîtriser le formidable instrument.
Elle passa ses week-ends à marcher et à jouer dans les rues avec Stan, formant tous deux, une paire de ménestrels errants.
Mais son amour de la musique et de la vie libre n’étaient pas tellement bien accueilli dans le cercle de ses collègues – Madame Valérie était en effet une femme sérieuse, elle était avocate.
Sa passion pour la musique l’a même amenée devant les tribunaux où les juges se sont concertés pour savoir si un membre d’une profession aussi conservatrice et honorable pouvait jouer dans les rues pendant son temps libre.
Mais la magie opéra une fois de plus – Valérie tenu bon. Par le dynamisme de son instrument et de sa passion, après une longue bataille, elle a remporté la cause, libre de ravir les rues et ruelles de la ville.
L’histoire d’amour avec l’homme qui amena la musique dans sa vie, était terminée…. Et la Destiné organisa un nouveau virage dans la vie de Valérie – elle rencontra un autre amour, un autre artiste, cette fois un peintre.
Elle se mit à observer comment il travaillait et finalement son amant l’encouragea à prendre un pinceau.
Vingt ans se sont écoulés durant lesquels elle a créé des centaines de peintures, présenté plusieurs expositions et a même conquis Paris avec son art.
Maintenant, Valérie continue de jouer de l’accordéon avec Baka et rêve d’une bicyclette avec une petite remorque où elle pourrait mettre ses tableaux pour se rendre sur les marchés afin de présenter son travail et rencontrer des gens – un esprit libre reste toujours un esprit libre.

La Hija de Themis y su acordeon

Detras la puerta de su pequena y discreta casa,Valérie Faure nos acoje a brazos abiertos.
Al instante, nacio la magia.
Los colores vivos de sus cuadros, vestian todas las paredes, estabamos en sud America, con la certeza de cruzarnos con frida Khalo en cualquier momento.
El rojo fuego del pelo de Valérie, iba a juego con su vestido y su sonriza franca pero algo timida.
Nos invita a que la sigamos ;empieza la visita.
La miramos moverse tal un maestro de ballet, detailando la coregrafia para sus bailarines, paseandonos de cuartos en cuartos, de pisos en pisos, de rincones en ricones, mas coloreados y apasionantes los unos que los otros.
Nos dejamos llevar…Los protagonistas de sus obra, de cuerpos generosos y invadidos de sensualidad, no parecen perturbados por nuestra presencia, siguen charlando, banandose en aguas rosas, jugando al ballon, paseando perros azules, entrelazandose con mucho amor, o bailando tango.
Parecen actores de cine, y cada cuadro una pantalla gigante de salas oscuras. Puede que Valérie haya sido alumna de Botero en algun momento de su vida? No! Valerie es autodidacta. Su pasion tardiva nacio de encuentros en todo lo largo de su vida, alimentandose de historias de vidas cruzadas.
Casi se lanza de lleno en ser musica, fruto de un encuentro con una cantante de la calle, sacando al maximo su conocimientos en piano, y de la clases que tuvo en su infancia,estudio acordeon, para acompanar los fines de semana de calle en calle, de ciudad en ciudad, a su amor cantante, viviendo de la generosidad de los pasantes.
Pero, en la vida real, la vida de la gente “seria”,Valerie es abogada.
20 anos atras, casi se le impidio tocar el acordeon, con la excusa que una abogada digna de ese nombre ,no podia jugar los saltimbanques, los fines de semana como una malpropia.
La corte de paris, conservadora a no mas poder, intento rallarla del tribunal de abogados. Valerie apasionada y culta de leyes, peleo para seguir tocando en la calle.
Al final, la pasion triumfo y la abogada gano el derecho de vivir libremente su pasion.
Hoy, Valerie sigue pintando y tocando el acordeon; cientos de sus cuadros en sido expuestos en grandes galerias de artes , compone canciones con su amigo Baka y suena con coger a su bicicleta ,pegarle un pequeno remolque, poner sus cuadros dentro y pasear de mercados en mercados, al encuentro de la gente.

Un espiritu libre, siempre sera libre.